Les tribulations d’un européen en Chine olympique
Webmestre | 28 juillet 2008
Où on assiste à un débat assez pitoyable au Parlement Européen
La Présidence du Conseil, assurée par la France, annonce, le 10 juillet, qu’elle participera à la cérémonie d’ouverture des jeux olympiques à Pékin. Alors que, le 9 juillet, le Président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, venait pour sa part d’indiquer qu’il n’y assisterait pas, considérant que “le dialogue entre les autorités chinoises et les représentants du Dalaï Lama ne progresse pas suffisamment”.
Je veux croire que ces deux prises de positions, apparemment contraires, auront été prises de concert. En effet, je ne peux pas me résoudre à penser que la Présidence du Conseil de l’Europe en viendrait à s’exposer frontalement à son Parlement. Ces deux institutions ont besoin d’une parfaite entente afin de mettre en place une action harmonieuse.
C’est donc surement pour « souffler le chaud et le froid » que ces deux positions apparemment contraires ont été prises de concert…
Néanmoins, en recherchant quelques informations pertinentes, je retiens que le Conseil européen réunit les chefs des États membres de l’Union européenne et le président de la Commission (M. Barosso). Il définit les orientations politiques générales de l’Union européenne (C’est écrit en noir sur blanc). En matière de politique étrangère, l’outil du programme d’action de l’Union est la PESC, dont Javier Solana porte la voix. Il est le Secrétaire général du Conseil de l’Union européenne et Haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune (PESC).
La question des relations Europe-chine était présentée lors du rapport annuel de 2007, qui rappelait que le développement d’un partenariat avait été décidé à partir de 2003. Le rapport indiquait notamment que, compte tenu de la complexité des relations, des « divergences demeurent sur un certain nombre de questions importantes comme les droits de l’homme » entre la Chine et l’Union Européenne.
Les parlementaires européens ont donc tancé hier le Président français, lui demandant de “jouer collectif, car l’Europe doit montrer son attachement au respect des droits de l’homme et à la dignité des hommes et des femmes” (Graham Watson, Royaume-Uni). Répondant alors sans préparation, Nicolas Sarkozy a offert au Parlement un moment fort, qui aura surement beaucoup contribué à faire avancer la démocratie européenne. Il a commencé par indiquer qu’aucun État membre ne s’est opposé à sa décision d’assister à la cérémonie d’ouverture des JO. Je suis perplexe: cela voudrait donc dire qu’un mandataire peut agir en toute impunité et faire ce qu’il veut tant qu’il ne rencontre pas d’opposition de ses mandants ? Je ne m’attendais pas vraiment à une telle définition de la démocratie.
Il a ensuite promit qu’il ” soulèverait la question des droits de l’homme en Chine”, mais “nous ne pouvons boycotter un pays qui représente un quart de la population du monde “.
M. Sarkozy a ensuite ajouté : ” le monde a besoin de la Chine pour résoudre des problèmes comme le Darfour ou l’Iran “.
Pour ma part, je ne pense pas que le problème soit ici : ce n’est pas parce qu’un pays représente un quart de la population du monde qu’il doit se permettre d’étouffer tout progrès des libertés fondamentales et s’exhiber ainsi en champion d’un régime qui n’est vraiment pas l’héritier de notre idéal démocratique.
Ici aussi, c’est la confusion : quelle sera la politique étrangère de la France, si demain nous avons besoin du Zimbabwe ou du Congo, Messieurs Mugabe et Bemba bénéficieront-ils de l’asile politique de la France ou même de l’Europe ?
Finalement, on avait le sentiment que cette intervention, qui visait à présenter le programme de la présidence française du Conseil Européen s’est ainsi achevée en révélation honteuse:
La France ne s’investirait dans l’Europe que pour autant que celle-ci soutiendrait ses politiques.
C’est peut-être aller vite en besogne ou faire preuve d’un esprit arriéré. Je ne pense pas que la France pourra continuer de mener une politique de « cavalier seul », notamment concernant ses relations avec la Chine ou les pays d’Afrique : elle n’en a plus les moyens. A titre d’exemple, seule l’Union permet encore aujourd’hui à la France de financer une politique de coopération en Afrique..
Alors, les prises de positions Française qui ne seraient pas la l’expression d’un parfait consensus européen seront autant de signes marquant une faiblesse de l’Union. Les Chinois, ne manqueront pas de percevoir la France comme leur cheval de Troie en Europe..
Marielle De Sarnez a, quant à elle, développé devant le Parlement Européen trois pistes de réflexions, portant ” sur l’essentiel “, et n’étant pas seulement ” affaire de politique, mais aussi de confiance “. Premièrement, elle a soulevé la question de l’identité européenne, et s’est dite convaincue de l’existence d’un modèle européen, ” économique, durable et social “. Plaidant pour une vision nouvelle de l’organisation du monde, elle a ensuite appelé l’Union à travailler en vue de l’autosuffisance de l’Afrique. Enfin, elle a rappelé les valeurs de démocratie et de respect des droits de l’Homme, “auxquelles nous ne devons jamais renoncer “, parce qu’elles sont l’identité profonde de l’Europe.






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