Cafés démocrates
Café démocrate du 30 juin 2008 - Café 16
La solidarité entre les générations. Quelles actions au quotidien ?
Jeunes et seniors se sont rassemblés, lundi 30 juin, au Café 16, rue de la Pompe, pour le deuxième café démocrate consacré aux « solidarités inter-générationnelles ».
Une vingtaine de personnes, désireuses de s’informer et s’exprimer sur un sujet essentiel et parfois difficile, sont venues débattre avec Mehdi Benchoufi, médecin, vice-président du syndicat des internes parisiens, et Stéphane Le Bouler, chargé de mission pour les questions de protection sociale et de sécurité sanitaire au Centre d’analyse stratégique, rapporteur de la mission « Prospective des équipements et services pour les personnes âgées dépendantes ».
Mehdi Benchoufi dresse rapidement l’état des lieux : les considérables enjeux posés par le viellissement de la population, qu’il préfère nommer “l’allongement de la durée de vie”, expression plus positive et plus juste, car insiste-t-il, non seulement “nos aînés vivent plus longtemps, mais en meilleure santé, grâce aux progrès réalisés en la matière ».
Ceci ne saurait toutefois occulter les grandes questions : celle de la solidarité financière, fondée sur le système de retraites par répartition (les salaires des actifs d’aujourd’hui financent les retraites d’aujourd’hui) qui voit ses limites face à des besoins immenses ; celle tout aussi importante de la solidarité qualitative.
Avant de se demander “comment s’occuper des personnes âgées et les accueillir”, Mehdi Benchoufi tient à rappeler qu’on oublie trop ce que les seniors peuvent nous apporter et rappelle la nécessité de la transmission, illustrant son propos par l’exemple du « compagnonnage » des Professeurs de médecine envers les étudiants en milieu hospitalier.
Il reçoit l’approbation de l’assistance lorsqu’il affirme qu «une société qui se définit (seulement) par la jeunesse ne peut pas s’inscrire dans la durée». En somme, ce que l’on peut faire pour les plus âgés, c’est déjà s’intéresser à ce qu’ils peuvent avoir à nous dire et à tirer profit de leur expérience et de leur savoir faire.
Stéphane Le Bouler explique, pour sa part, que la prise en charge de la dépendance, notamment, revient à mettre en place une cinquième branche qui s’ajouterait à celles qui couvrent la maladie, la famille, les accidents du travail et les retraites. Cette nouvelle branche couvre le “risque dépendance” ou le “risque perte d’autonomie”.
Il s’agit d’attribuer à ceux qui sont frappés d’une déficience physique, sensorielle, mentale ou psychique une compensation personnalisée pour l’autonomie. Celle-ci permettrait à son bénéficiaire de réaliser, grâce à un appareillage ou à l’aide d’une tierce personne, ce qu’il aurait pu faire seul, et sans aide, s’il n’avait pas été atteint de la déficience en question.
L’objectif est de faciliter le maintien à domicile, mais il faut aussi construire des maisons de retraite telles que la convivialité des familistères, et l’expérience en cours à Clermont-Ferrand où s’expérimente un projet de bâtiments intégrant mixité sociale et générationnelle, avec logements HQE (haute qualité environnementale) adaptables à la dépendance.
Sur le plan individuel, Mehdi Benchoufi rappelle l’importance de la prévention, très en retard en France : avoir un rôle préventif, c’est informer, se soucier et communiquer avec ceux qui sont vulnérables. Bref, les rassurer par une présence. Par ailleurs, il faut reconsidérer la notion d’âge. Il y a dix ans, on ne pratiquait plus d’intervention chirurgicale lourde passé 80 ans (beaucoup plus tôt dans de nombreux pays). Aujourd’hui, la limite est devenue 90 ans, voire 95…
Ce qu’on constate surtout, c’est que l’engagement dans une activité, le travail quel qu’il soit maintiennent en forme et en bonne santé. La meilleure aide que nous pouvons apporter à nos têtes blanches, serait alors de leur demander… de l’aide. Pour cela faut-il encore les regarder autrement, avec respect, et affection.
C’est avec ces gestes simples et attentionnés que la solidarité inter-générationnelle se développera.
NDLR pour ceux qui souhaitent aider, en préparation des risques de canicule cet été, voir le site http://www.espacebenevolat.org/canicule.html
Café démocrate du 15 mai 2008 - Presto Café
Comment faire vivre la démocratie locale dans les arrondissements ? 
C’était le thème de la première édition des cafés démocrates du 16ème, une initiative lancée par la section du 16e arrondissement du Mouvement démocrate pour faire vivre les débats d’idées, dans un cadre convivial et ouvert à tous.
Une trentaine de personnes ont participé à ce premier rendez-vous, au Presto Café, en présence d’Antoine Dufour, animateur du blog Paris 16 info, et de Christelle de Crémiers, fondatrice de l’association Action Paris 17. Largement ouvert, ce café démocrate a permis d’entamer une discussion avec Laurence Dreyfuss, adjointe au maire du 16e en charge de la voirie, de la vie associative, de la coordination des adjoints de quartier et du suivi de la politique municipale et Ghislaine Salmat, conseiller d’arrondissement PS du 16e qui nous ont fait l’amitié de leur visite.
Conseils de quartier et démocratie de proximité
La discussion s’est rapidement engagée sur la composition, le rôle et les missions des conseils de quartier -auxquels plusieurs participants se sont porté candidats- qui restent insuffisamment connus des citoyens. Lieux de concertation, d’échanges et de propositions au niveau local, ils méritent d’être valorisés et plus régulièrement associés à la vie municipale notamment en les réunissant plus souvent ou en organisant des commissions thématiques au sein des conseils de quartier.
A quelques jours de la désignation des futurs conseillers, le manque de transparence de cette procédure est toutefois souligné. Regrettable également, l’adoption prévue du règlement intérieur des conseils de quartier, sans consultation des conseillers désignés.
Pour autant, chacun s’accorde sur l’utilité des conseils de quartier pour favoriser le lien social dans un arrondissement où l’image d’opulence ne doit pas faire oublier des réalités plus contrastées. Ainsi, comme l’a rappelé Antoine Dufour, il s’agit du troisième arrondissement de Paris pour l’attribution du RMI et du premier pour les expulsions locatives.
Les sujets de préoccupation qui pourraient être abordés au cours des séances des conseils sont nombreux dans le 16e : les besoins en termes de logement social pour les travailleurs modestes du quartier et les jeunes, la solidarité intergénérationnelle, la nécessité de créer des emplois dans l’arrondissement, les moyens d’encadrement et d’éducation des plus jeunes, les dérogations à la carte scolaire sont au cœur des attentes des habitants.
Les nouveaux conseils de quartier devraient donc permettre aux habitants de se faire entendre auprès des services de la mairie et de favoriser l’expression du plus grand nombre. Idéalement, ils devraient aussi servir à la remontée régulière d’informations, comme par exemple le recensement des sans domicile fixe pour anticiper les situations d’urgence.
Antoine Dufour estime que la fonction de conseiller de quartier implique un engagement sur le terrain et un réel investissement. En matière d’organisation, il est vivement souhaité que les conseils de quartier se tiennent dans les quartiers et non à la mairie et qu’ils se réunissent à des heures compatibles avec les emplois du temps des actifs.
La voie des associations pour mieux vivre ensemble dans les quartiers
Les conseils de quartier ne sont pas les seuls lieux de rencontre et d’expression des habitants. Christelle de Crémiers, fondatrice de l’association Action Paris 17, nous a ainsi fait partager sa passionnante expérience en matière associative. Partie du constat que la mairie d’arrondissement dispose de moyens et d’une marge de manœuvre limités, elle a créé Action Paris 17, dont le but, original, est de se faire le porte-parole des autres associations et de promouvoir tous ceux qui concourent à améliorer le lien social et le cadre de vie.
La force d’Action Paris 17, est de mettre en relation les habitants avec les associations susceptibles de leur venir en aide. Action Paris 17 compte aujourd’hui plus de 40 partenaires, grâce auxquels elle a pu sensibiliser les habitants et apporter des réponses sur un grand nombre de terrains : actions de vulgarisation par des spécialistes hospitaliers sur le sujet de la perte de mémoire ; dépistage de l’alcoolisme chez les personnes âgées isolées ; promotion des commerces de proximité…
D’ores et déjà, le bilan est extrêmement positif pour cette association inscrite au CICA -Comité d’Initiative et de Consultation d’Arrondissement- qui permet aux associations de participer à la vie municipale.
Autant d’initiatives, autant de pistes de réflexion pour le 16ème arrondissement. A moins que, comme le pense Antoine Dufour, l’avenir associatif de l’arrondissement ne passe d’abord par la création de nouvelles associations, indépendantes des élus, et répondant à des besoins identifiés comme les questions sociales.
Finalement, l’expérience d’Action Paris 17 permet de réfléchir aux synergies possibles entre action politique et engagement associatif. Les deux ne s’opposent pas, bien au contraire, dans la mesure où ils sont chacun utiles aux citoyens. Pour autant, le politique doit trouver la bonne distance par rapport aux associations, car celles-ci portent avant tout, de manière non partisane, la voix de ceux qui ne sont pas élus.
L’information des citoyens : un préalable indispensable
L’information est essentielle à la démocratie locale, dans la mesure où elle contribue à éclairer les citoyens, à les impliquer dans la réflexion collective et à déterminer leurs choix.
A cet égard, la situation est loin d’être pleinement satisfaisante dans le 16e, où peu d’information circule (exception faite des Nouvelles du XVIème, journal de la majorité municipale et du blog Paris16 info d’Antoine Dufour). Une proposition serait que chaque conseil de quartier dispose de son propre blog d’information. Mais peut-on également envisager l’organisation de réunions publiques et la mise en place d’un affichage de l’information chez les commerçants pour ceux qui ne disposent pas d’un accès Internet ?
Tenter de réduire la fracture numérique, c’est justement l’objectif du projet d’Espace Public Numérique, qui vise à ouvrir des lieux d’accès public à Internet, à former et informer les usagers. La Maison des Associations du 16e pourrait accueillir un tel projet.
Pour être vivante, la démocratie participative a besoin d’idées, de propositions, d’acteurs. Ce débat en était la première étape. Il se poursuit maintenant sur ce site où toutes les remarques et suggestions sont les bienvenues.
Le jeu des questions-réponses et les interventions se sont poursuivis longtemps après la fermeture, sur le perron du café qui nous accueillait à cette occasion. Preuve que ce type d’échanges répond à une réelle attente.






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