Politique familiale : le gouvernement quitte le train en marche
Webmestre | 10 avril 2008Le gouvernement a donc annoncé son souhait de ne plus financer directement les “tarifs sociaux” de la SNCF parmi lesquels les billets congés payés et les réductions appliquées aux titulaires de la carte famille nombreuse (plus de trois enfants) : les avantages de la carte famille nombreuse seraient maintenus par la SNCF moyennant une carte commerciale et le contribuable ne supporterait plus cette charge. L’économie réalisée serait de l’ordre de 70 millions d’euros par an.
Sur la forme, la mesure en elle-même n’est pas révoltante : la carte famille nombreuse fonctionnerait selon les mêmes modalités que les autres types de carte SNCF, comme la carte senior. Il faudrait toutefois que chaque membre de la famille achète une carte chaque année, ce qui peut revenir cher. D’autant plus que d’autres formules existent pour voyager avec des enfants en train (carte enfant +). Par ailleurs, la carte famille nombreuse sert à autre chose qu’au train : réductions dans les musées, à la RATP, au cinéma, etc. Qu’adviendra-t’il de ces avantages ?
Sur le fond, cette annonce est plus préoccupante.
D’une part parce qu’elle intervient à peine quelques jours après la nomination d’une ministre en charge de la famille : ce qui montre le cynisme de la politique de MM. Sarkozy et Fillon. Madame Morano, dont le seul objectif était de devenir ministre, prouve là toute son utilité au gouvernement !
D’autre part, parce que les choix politiques et économiques du président de la République sont plus que jamais sujets à critiques. Les mesures phares du gouvernement en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat (défiscalisation des heures supplémentaires, crédit d’impôt pour l’achat d’une résidence principale) semblent coûter fort cher au contribuable pour des résultats très médiocres, ce que le gouvernement n’admettra jamais. En revanche, les projets nécessaires (revenu minimum d’activité, construction de logements sociaux et intermédiaires, développement de la concurrence dans les secteurs de la grande distribution ou de la téléphonie, défense des consommateurs, politique familiale) sont systématiquement reportés sine die. Qui se souvient d’ailleurs qu’un “grand plan banlieue” a été présenté il y a quelques mois sans financement ?
Nous sommes bien loin des promesses du candidat à l’élection présidentielle et de la prétendue rupture… plus gênant, l’incapacité de réformer en profondeur le pays de MM. Sarkozy et Fillon risque d’aggraver la situation.
Face au mutisme d’un parti socialiste obnubilé par ses échéances internes et à la désillusion des élus UMP, seul le Modem peut aujourd’hui proposer un projet alternatif fondé sur le dépassement des clivages partisans. Plus que jamais, la France a besoin d’un projet politique partagé et porté par une majorité moderne, réformatrice, ouverte et fondamentalement républicaine.
Avec François Bayrou, construisons cette majorité !
Eric André






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